21 mai 2008

SOLEIL: ENQUETE, HUICOMA, Aliou Tomota vassalise ses travailleurs et ne respecte pas le plan d’investissements


L’Huilerie Cotonnière du Mali, traverse présentement la période la plus difficile de sa vie. Les crises à répétition entre les travailleurs et la direction, les arrestations arbitraires, les machinations de la direction à saboter les installations, la baisse de production, voilà dressé le tableau actuel de l’HUICOMA plus que jamais ébranlée.


A l’origine de cette situation, la vassalisation des travailleurs par la direction à travers son PDG Aliou Tomota et le non-respect du plan d’investissements pourtant bien stipulé dans le contrat de cession signé le 16 mai 2005.
Après les travailleurs de Graphique Industrie, qui ont vu toutes les couleurs du monde, ceux de l’HUICOMA de Koulikoro et de Kita ne savent plus à quel saint se vouer, tant Aliou Tomota et ses gorilles sont entrain de leur rendre la vie difficile. Actuellement, à Kita 16 personnes dont 8 syndicalistes, sont illégalement suspendues de fonctions et de salaires. Motif énoncé sur la décision : la liste des meneurs. Pareille situation désolante à Koulikoro ou 31 personnes, dont 12 syndicalistes sont également suspendues de fonctions et de salaires, pour avoir observé une grève de 72 heures, en début juin 2006. Ce débrayage a été qualifié à l’époque, d’abandon de poste, par la direction de la société, malgré, le respect du dépôt de préavis de grève et le maintien de service minimum au sein de l’entreprise. Quelques jours après, le Secrétaire Général du Comité Syndical de l’HUICOMA de Koulikoro Mamadou Doucouré, a été convoqué à la gendarmerie ou on lui notifia que, les préjudices de la grève s’élèvent à 60 millions CFA. Le comble de l’aberration est atteint.
Suite donc à cette affaire de Kita, une délégation constituée du maire et des représentants du chef de village de Kita, est venue rencontrer jusqu’à Bamako le PDG Tomota. Tout en adoptant une attitude hautaine, semble-t-il, M Tomota aurait demandé à ses interlocuteurs de rentrer à Kita, en attendant qu’il consulte ses partenaires. Jusqu’à ce jour, rien ne fut notifié ni à ladite délégation ni aux intéressés. Conséquence fâcheuse, ces travailleurs mis illégalement à la porte tirent actuellement le diable par la queue, afin de subvenir aux besoins de leur famille.
Informée, l’Inspection Régionale du Travail, de l’Emploi et de

la Formation Professionnelle

de Kayes, dépêcha sur Kita un inspecteur pour s’imprégner de la situation. L’objectif de la mission, est de pouvoir se prononcer sur la question de licenciement des personnes suspendues de fonctions et de salaires, demandée par la direction de l’HUICOMA. Or, cette démarche de licenciement, n’a jamais été notifiée aux intéressés.
D’autre part, les travailleurs sont unanimes à dire que, du rachat de la société à nos jours, un rotin n’a été investi contrairement aux allégations mensongères, selon lesquelles, plusieurs milliards CFA ont été dépensés dans l’achat des pièces de rechange. Selon Soumana Démbélé Secrétaire Général Adjoint du Syndicat de

la Filière Coton

, avec moins de 10 milliards CFA on construira une nouvelle usine HUICOMA. Inutile donc, d’investir ce montant (10 milliards CFA), dans la réhabilitation ou le renouvellement des machines. « Si l’investissement est réel, qu’est ce qui, explique alors, l’arrêt intermittent de la production » s’interrogent les travailleurs. En effet, l’usine marche au ralenti, à cause du manque criard des matières premières, principalement les graines de coton. L’HUICOMA selon un responsable de ladite société, serait redevable à

la CMDT

de plusieurs centaines de millions CFA. A cela s’ajoutent, les pannes mécaniques, au sujet desquelles, la direction et les travailleurs s’accusent mutuellement. C’est justement pour élucider cette question que, le syndicat demande une expertise indépendante, au lieu dit-il, que la direction impute gratuitement ces sabotages aux agissements des travailleurs. Car, 11 mois après l’effectivité de la privatisation, la commission de suivi, n’a pas visité une seule fois la société. Idem pour le Ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires Foncières Mme Soumaré Aminata Sidibé (le Ministre le plus amorphe de l’équipe PINOCHET). Celle ci, on aurait appris à comme l’unique plaisir, de s’affaler dans les fauteuils mouvants et se prélasser sous le clim. Elle ne veut pas se transpirer.
Par ailleurs, si la non rentabilité de la société avait été avancée, comme motif de la privatisation, aujourd’hui force est de constater que, cela est faux, y égard à la configuration des nouveaux actionnaires, dont certains sont qualifiés de rapaces, en matière de partage des dividendes.
Le constat amer c’est que, à Koulikoro tout comme à Kita, un climat délétère règne dans la société. Le personnel est stressé. Une demande d’explication fut adressée à un travailleur, pris entrain tout simplement de fredonner ( il y a des suzerains à l’HUICOMA).
Pour le moment, les travailleurs suspendus de fonctions et de salaires de Kita attendent impatiemment la décision de leur Inspection Régionale du Travail. Tandis qu’à Koulikoro, le procès intenté par le personnel contre la direction aura lieu, le 12 juillet prochain.
Il convient enfin de signaler que, malgré les efforts fournis par notre rédaction, dans le souci d’équité, le chargé de communication de l’HUICOMA n’a pas daigné collaborer avec nous. Quel est le contenu du plan d’investissements ? Pourquoi l’UNTM, n’a pas participé à la signature du contrat de cession ?


A suivre


Oumar BAH

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